Presque 3 fois plus d’impacts sur Terre depuis 290 millions d’années

Presque 3 fois plus d’impacts sur Terre depuis 290 millions d’années

Publié le 1 mars 2018 à 03h44

Retraçant un milliard d’années d’histoire du bombardement de la Terre et de la Lune par des astéroïdes, des chercheurs ont montré que nous vivons depuis la fin du Paléozoïque un pic dans la fréquence des impacts. L’astéroïde tueur de dinosaures n’était qu’un parmi d’autres.

Pour mieux connaître le passé de notre planète, regarder le visage cratérisé de la Lune, épargné par l’érosion et l’absence de tectonique des plaques, est tout indiqué. Ce faisant, une équipe internationale de chercheurs, menée par Sara Mazrouei de l’université de Toronto, a déterminé que le bombardement de la Terre et de son satellite par de gros astéroïdes s’est intensifié depuis 290 millions d’années, le nombre d’impacts ayant presque triplé par rapport à ce qu’il était durant les 360 millions d’années (Ma) précédentes.

Parue dans le journal Science, cette étude « témoigne d’un changement radical du taux d’impacts d’astéroïdes sur la Terre et la Lune vers la fin du Paléozoïque [541 à 252 Ma, NDLR] », déclare Sara Mazrouei dans un communiqué. Les corps impliqués pourraient être des débris issus de collisions au sein de la ceinture d’astéroïdes il y a plus de 300 Ma, suggèrent les chercheurs. « Nous sommes depuis dans une période de taux d’impacts élevé ». Il va sans dire que les catastrophes restent rares, tous les millions d’années au moins, et qu’il est inutile de paniquer.

L’histoire d’un bombardement plus intense est écrite sur la Lune

Fidèle compagne de la Terre, la Lune a dû subir à peu près autant d’impacts, sauf qu’elle en garde les stigmates alors qu’ici-bas l’érosion, les océans, les calottes glaciaires et la tectonique des plaques les effacent – pensons au cratère géant découvert récemment au Groenland. Les chercheurs ont daté 111 cratères lunaires de plus de 10 kilomètres de diamètre ayant moins d’un milliard d’années, en étudiant la chaleur émise par les éjectas environnants. En effet, autour des cratères récents, les retombées sont des rochers qui conservent la chaleur alors que les plus anciens cratères sont cernés de poussière froide.

Par cette méthode, les chercheurs ont compté davantage de cratères formés sur la Lune durant les derniers 290 Ma que de cratères plus âgés. À partir de cette date, les impacts sont 2,6 fois plus fréquents par rapport aux quelque 700 Ma précédentes. Après comparaison avec les cratères encore visibles sur Terre, il s’est avéré que notre planète connaît de façon similaire un bombardement plus intense depuis 290 Ma.

Le déficit de cratères plus anciens, formés entre 290 et 650 Ma, s’expliquerait donc par « un taux d’impact plus faible durant cette période », indique Rebecca Ghent, coauteur de l’étude, plutôt que par le fait qu’ils auraient été rayés de la carte par les divers processus géologiques. Il n’existe sur Terre quasiment pas de cratères plus vieux que 650 Ma, probablement à cause d’un évènement d’érosion majeur, présument les chercheurs.

Ce qu’il faut retenir

  • Sur la Lune, l’absence de tectonique des plaques et d’érosion comme sur Terre permet aux cratères d’impacts de rester préservés pendant des milliards d’années.
  • À l’aide des cratères lunaires, des chercheurs ont montré que les impacts d’astéroïdes sur la Terre et son satellite étaient 2,6 fois plus fréquents entre 290 Ma et aujourd’hui qu’avant.

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Cratères sur la Lune : combien s’en forme-t-il chaque année ?  La sonde LRO en orbite lunaire a montré que les petits impacts sont bien plus fréquents que ce que l’on pensait mais aussi que ces chocs créent des impacts secondaires aux conséquences sous-évaluées jusqu’à présent. Le sol lunaire serait ainsi retourné cent fois plus vite que ce qui était prédit par les modèles. Sur ces images, on voit la blessure créée par un impact, un cratère de 12 mètres de diamètre, et les éjectas sont bien visibles. 

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