Lune : la
Chine veut imprimer une base en 3D

Lune : la Chine veut imprimer une base en 3D

Publié le 27 juin 2018 à 06h43

La Chine cherche à établir un jour une base internationale sur la Lune, peut-être en utilisant la technologie d’impression en 3D pour y construire des installations, a annoncé lundi 14 janvier 2019 l’agence spatiale chinoise qui vient de réussir avec la sonde Chang’e-4 le premier alunissage de l’histoire sur la face cachée de la Lune.

Après Chang’e-4, quatre autres missions lunaires sont planifiées, a expliqué l’agence spatiale chinoise CNSA (China National Space Administration), confirmant le lancement d’un module d’exploration Chang’e-5 avant la fin de l’année 2019 pour recueillir des échantillons et les rapporter sur Terre. La dernière de ces missions sera destinée à tester des équipements en vue d’une base internationale de recherche lunaire, a précisé à des journalistes lors d’une conférence Wu Yanhua, chef adjoint du Programme d’exploration lunaire de la Chine. « La Chine, les États-Unis, la Russie et l’Europe discutent tous de la construction d’une base ou d’une station de recherche sur la Lune », a observé M. Wu.

Les scientifiques se livrent à des recherches pour savoir « si nous pouvons utiliser la technologie d’impression 3D » pour construire des installations lunaires, a-t-il ajouté. La Chine, dont le programme spatial est géré par l’Armée populaire de libération (APL), a marqué une grande avancée en devenant le 3 janvier 2019 le premier pays à faire alunir un véhicule sur la face cachée de la Lune.

« L’âge de la Lune »

Le module Chang’e-4, qui avait quitté la Terre le 8 décembre 2018 et porte le nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise, transportait un petit robot téléguidé à roues, le Yutu-2 (« Lapin de Jade 2 »). Ce dernier a quitté la sonde quelques heures après l’alunissage pour réaliser des analyses dans le cratère Von Karman, situé dans le bassin Pôle Sud-Aitken, le plus grand cratère d’impact connu dans le système solaire.

 

Il a repris jeudi 10 janvier 2019 dernier ses activités après avoir hiberné cinq jours pour se protéger du froid. « Ce sera la première fois que nous pourrons étudier l’origine et la formation de la face cachée de la Lune et même l’âge de la Lune », a expliqué Wu Weiren, l’ingénieur en chef du programme chinois d’exploration lunaire.

Le module Chang’e-5 devait initialement recueillir des échantillons au deuxième semestre 2017. Mais son lancement a été retardé par l’échec en juillet de la même année d’une mission destinée à mettre en orbite un satellite de communications peu après le décollage de la fusée Longue Marche 5 Y2, qui devait être également son lanceur. Après la mission Chang’e-5, la Chine lancera Chang’e-6 pour rassembler des échantillons du pôle sud de la Lune et les rapporter sur Terre, selon M. Wu.

« Nous déciderons s’il le fera sur la face cachée de la Lune ou la face la plus proche de la Terre en fonction de ce qu’aura récolté Chang’e-5 », a-t-il expliqué. Viendra ensuite Chang’e-7, qui se livrera à « une exploration complète du pôle sud de la Lune », y compris sa topographie, sa composition et son environnement spatial. Puis la mission Chang’e-8 mènera des essais technologiques et « une exploration préalable pour que des pays construisent ensemble une base de recherche lunaire dans l’avenir », selon M. Wu.