À partir de 2025, la fameuse « tranche B » – que l’on appelle aussi Tranche 2 côté AGIRC-ARRCO – marque la frontière entre un salaire plafonné par la Sécurité sociale et celui qui la dépasse. Dès que vous franchissez cette ligne, vos cotisations grimpent… et vos droits à la retraite complémentaire avec. Où commence cette tranche ? Comment la calcule-t-on ? Quel sera l’impact sur votre net à payer, votre bulletin de paie ou encore votre impôt ? Que vous soyez salarié ou chargé de la paie, mieux vaut avoir les idées claires.
Nous vous proposons ici un tour d’horizon chiffré, étayé d’exemples concrets : valeurs du plafond 2025, taux applicables, mécanisme de régularisation mensuelle… et tout ce qui change (ou pas) pour votre fiche de paie comme pour votre revenu imposable.
1. Tranche B 2025 : de quoi parle-t-on ?
Tranches de cotisation : T1, T2, Tranche B… un jeu de seuils
Pour établir les prélèvements sociaux, on ne retient pas toujours l’intégralité de votre salaire. La paie est découpée en « tranches » indexées sur le plafond de la Sécurité sociale :
- PMSS (plafond mensuel) : la référence révisée chaque année.
- PASS (plafond annuel) : douze fois le PMSS.
Deux univers coexistent encore :
- AGIRC-ARRCO (retraite complémentaire)
- Tranche 1 (T1) : de 0 à 1 PMSS.
- Tranche 2 (T2) : de 1 à 8 PMSS.
- URSSAF, Assurance chômage & co.
- Tranche A : 0 à 1 PMSS.
- Tranche B : 1 à 4 PMSS – parfois 4 PMSS pour le chômage, parfois plus pour certaines contributions.
- Tranche C : au-delà de 4 PMSS, réservée à quelques prélèvements bien précis.
En résumé, la tranche B couvre la portion de rémunération comprise entre un et quatre plafonds mensuels (ou annuels) de la Sécurité sociale. C’est cette base qui sert, entre autres, au calcul des cotisations chômage pour les cadres et les non-cadres les mieux rémunérés.
Pourquoi les cadres ont-ils tout intérêt à connaître la tranche B ?
Parce qu’elle vise d’abord :
- les cadres et assimilés,
- et, plus largement, tout salarié dont le brut dépasse le PMSS – bonus, primes, part variable ou augmentation bienvenue.
La tranche B agit sur deux tableaux :
- Impact immédiat : hausse des cotisations sur la part de salaire située au-dessus du plafond ;
- Effet futur : des points AGIRC-ARRCO supplémentaires (via la Tranche 2) et, parfois, des droits renforcés dans d’autres régimes propres aux cadres.
Pour l’employeur, même topo : cette tranche pèse sur la masse salariale, colore la stratégie de rémunération et impose un paramétrage DSN sans faille. Gare aux redressements URSSAF si la ventilation A/B/C ou T1/T2 est mal calée.
Petit détour historique
Souvenez-vous : avant 2019, il y avait un mur entre l’AGIRC (cadres, tranches A, B, C) et l’ARRCO (non-cadres). Depuis la fusion AGIRC-ARRCO, tout le monde patauge dans la même mare, en deux niveaux seulement : Tranche 1 et Tranche 2. Le statut cadre n’a pas disparu – la cotisation APEC ou la prévoyance restent – mais la retraite complémentaire est désormais harmonisée.
Ceci dit, côté URSSAF, le triptyque A/B/C reste d’actualité pour le chômage ou l’AGS. Pas étonnant que l’on s’y perde : dans l’esprit, la Tranche 2 AGIRC-ARRCO couvre grosso modo le même périmètre salarial que la Tranche B URSSAF, même si les taux et les plafonds ne coïncident pas parfaitement.
2. Plafond de la tranche B en 2025 : quelles valeurs ?
PMSS et PASS 2025 : point d’étape
Au moment où ces lignes sont écrites, le Journal officiel n’a pas encore publié les chiffres 2025. On sait cependant que la mécanique ne changera pas :
- Le PMSS 2024 est de 3 864 € ; le PASS 2024 atteint 46 368 €.
En attendant la mise à jour officielle, retenez la logique suivante :
- Tranche A / T1 : 0 → 1 PMSS (ou PASS sur l’année).
- Tranche B / T2 :
- URSSAF (chômage) : 1 → 4 PMSS.
- AGIRC-ARRCO : 1 → 8 PMSS.
La question qui brûle les lèvres : « Quel sera donc ce plafond ? ». Réponse : toujours 4 PMSS (ou 4 PASS en cumul annuel) pour la Tranche B. Lorsque les valeurs 2025 tomberont, il suffira de faire 4 × PMSS pour obtenir le nouveau seuil mensuel.
Comment calcule-t-on l’assiette Tranche B ?
La recette de base est simple, le diable se cachant dans les détails :
- Tranche A (T1) = min(salaire brut, 1 PMSS).
- Tranche B (URSSAF) = min(salaire brut, 4 PMSS) – Tranche A.
- Tranche 2 AGIRC-ARRCO = min(salaire brut, 8 PMSS) – Tranche 1.
Autrement dit, pour un mois donné :
- Si votre brut n’atteint pas le plafond, la Tranche B est… nulle.
- Si vous débordez un peu, seule la portion au-delà de 1 PMSS bascule en B.
- Au-delà de 4 (plutôt 8 pour l’AGIRC-ARRCO) PMSS ? Le surplus est ignoré pour cette cotisation précise.
Attention : ces calculs se font sous contrôle d’un suivi annuel. Le logiciel de paie corrige chaque mois pour coller, in fine, au cumul.
Quatre cas concrets pour se faire la main
Pour mettre de la chair sur ces chiffres, voici quatre situations, basées sur le PMSS 2024 (3 864 €). Adaptez simplement avec le PMSS 2025 dès qu’il sera connu.
1) Cadre, temps plein, 5 000 € bruts
Tranche A : 3 864 €
Tranche B (URSSAF) : 1 136 €
Tranche 2 (AGIRC-ARRCO) : 1 136 €
2) Cadre très « haut salaire », 20 000 € bruts
Tranche A : 3 864 €
Tranche B (URSSAF) : 11 592 € (plafondé à 3 × PMSS)
Tranche 2 (AGIRC-ARRCO) : 16 136 € (plafonné à 7 × PMSS)
3) Mi-temps, 2 000 € bruts
PMSS proratisé : 1 932 €
Tranche A : 1 932 €
Tranche B : 68 €
4) Prime exceptionnelle en juin
Brut habituel : 3 000 €
Prime : 2 000 € (juin)
Brut de juin : 5 000 € → Tranche B déclenchée (1 136 €) le temps d’un mois, puis régularisée sur l’année.
3. À quel moment la tranche B s’applique-t-elle ?
Le décor : le jeu du plafond
Dès que votre salaire cumulé dépasse le cumul des plafonds, bim, la tranche B entre en piste. Si vous êtes sous le plafond, tout reste en Tranche A. Au-delà, le surplus glisse vers la Tranche B – dans la limite des 4 ou 8 PMSS selon la cotisation.
Et les cas particuliers ?
Ils sont légion : embauche en cours d’année, temps partiel, congés sans solde, IJSS… Voici les grandes lignes :
- Arrivée en cours de mois : on proratifie le plafond au nombre de jours ou d’heures travaillés.
- Absence non payée : plafond ajusté, donc déclenchement de la B repoussé ou annulé.
- IJSS : les indemnités versées par la Sécu ne sont pas dans l’assiette ; seul le complément employeur compte.
La régularisation mensuelle progressive : la mécanique de précision
Chaque mois, le logiciel compare ce que vous avez gagné depuis janvier au plafond cumulé. S’il détecte un écart – en excès ou en défaut – il rectifie le tir. D’où ces lignes de régularisation qui apparaissent parfois sans crier gare sur votre bulletin : c’est simplement le rattrapage pour remettre les compteurs à niveau.
4. Les taux de cotisation sur la Tranche B en 2025
AGIRC-ARRCO : qui paie quoi ?
En 2024, le tandem salarié/employeur se partageait :
- Retraite complémentaire T1 : 3,15 % salarié / 4,72 % employeur (total 7,87 %).
- Retraite complémentaire T2 : 8,64 % salarié / 12,95 % employeur (total 21,59 %).
- CEG T1 : 0,86 % salarié / 1,29 % employeur.
- CEG T2 : 1,08 % salarié / 1,62 % employeur.
Le millésime 2025 ne devrait pas bouleverser cet équilibre, mais une petite vérification des circulaires reste indispensable.
Côté URSSAF, l’assurance chômage frappe l’assiette A+B jusqu’à 4 PMSS à environ 4,05 % (entièrement à la charge de l’employeur), tandis que l’AGS applique ses 0,15 % sur la même base.
Un bulletin passé au crible : 5 000 € bruts
Reprenons notre cadre à 5 000 € bruts (PMSS 2024) :
Retraite AGIRC-ARRCO
T1 : 3 864 € ⇒ 304,95 € (121,74 € salarié / 183,21 € employeur)
T2 : 1 136 € ⇒ 245,37 € (98,06 € salarié / 147,31 € employeur)
Chômage
Assiette : 5 000 € ⇒ 202,50 € (employeur seul)
Résultat : un salaire qui excède le PMSS coûte plus cher à l’un (l’employeur) et entraîne un net un peu raboté pour l’autre (le salarié), mais il crédite davantage de points retraite.
Pistes d’optimisation côté employeur
La tranche B croise la route de plusieurs dispositifs – réduction Fillon, exonérations zonées, régimes supplémentaires. Pas de recette miracle, mais trois réflexes : connaître l’assiette de chaque mesure, vérifier le paramétrage paie/DSN, et simuler le coût global avant toute négociation salariale.
5. Tranche B et impôt sur le revenu : quels effets en 2025 ?
Prélèvement à la source : un filet de sécurité pour votre net imposable
Plus de cotisations signifie, certes, un net qui s’effrite… mais aussi un net imposable qui baisse. Les prélèvements retraite (T1 ou T2) sont déductibles ; seule une fraction de la CSG reste non déductible. Au final, le montant soumis au barème IR peut reculer, limitant d’autant la hausse d’impôt liée à votre hausse de salaire.
Passer une tranche IR : un pas pas toujours franchi
Les seuils du barème 2025 seront – comme d’habitude – revalorisés. Rappelons la structure 2024 (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %). Si vos cotisations « extra » liées à la Tranche B font baisser votre revenu imposable, vous pourriez rester dans la même tranche marginale… ou, en tout cas, grimper moins vite. Un petit simulateur maison (brut -> net imposable -> impôt) n’est jamais de trop quand on négocie une augmentation.
6. Bons réflexes pour éviter les (mauvaises) surprises
Pour la paie : le paramétrage avant tout
• Mettez vos plafonds 2025 à jour dès qu’ils tombent.
• Assurez-vous que la régularisation mensuelle est activée.
• Vérifiez la cohérence des tranches A/B/C et T1/T2, surtout pour les temps partiels et les arrivées en cours d’année.
• Épluchez les retours DSN : mieux vaut un avertissement en février qu’un redressement deux ans plus tard.
Pour les salariés : décodez votre bulletin
Vous dépassez régulièrement le PMSS ? Jetez un œil aux lignes « Retraite compl. T2 » ou « Chômage Tranche B ». Comparez votre T1 au plafond, calculez le Delta : tout s’aligne ? Si votre net varie beaucoup sans changement de salaire, interrogez le service paie – la régularisation mensuelle a peut-être joué.
Les pièges classiques
– Confondre les tranches de la Sécurité sociale avec celles de l’impôt sur le revenu.
– Oublier la proratisation du plafond (temps partiel, entrées/sorties).
– Laisser dormir un paramètre de taux de l’an passé dans le logiciel.
– Désactiver, par mégarde, la régularisation progressive.
Conclusion : la tranche B, un détail qui pèse lourd
Qu’on le veuille ou non, la tranche B est devenue un passage obligé pour tous ceux dont la rémunération flirte avec – ou dépasse – le plafond de la Sécu. C’est un coût supplémentaire, oui, mais aussi un levier de droits futurs. Salariés : surveillez vos bulletins, anticipez l’impact fiscal et discutez-en sereinement avec votre employeur. Responsables paie : en 2025, plus que jamais, un paramétrage rigoureux et des contrôles réguliers seront vos meilleurs alliés face aux caisses et à l’URSSAF. Ainsi, chacun aura l’esprit tranquille… et des chiffres justes à la clé.
Questions fréquentes sur la tranche B 2025
Quel est le plafond de la tranche B en 2025 ?
Le plafond de la tranche B en 2025 correspondra à 4 fois le PMSS (Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale). Les valeurs exactes seront confirmées après publication officielle, mais en 2024, ce plafond mensuel était de 15 456 € (4 × 3 864 €).
Quand se déclenche la tranche B ?
La tranche B se déclenche dès que la rémunération brute dépasse 1 PMSS (Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale). Elle couvre les revenus compris entre 1 et 4 PMSS pour les cotisations URSSAF, notamment celles liées au chômage.
Quel est le montant des cotisations pour la tranche B en 2025 ?
Les taux de cotisation pour la tranche B dépendent des contributions spécifiques (chômage, AGS, etc.). Par exemple, pour le chômage, le taux est généralement de 4,05 % (part employeur) sur la tranche B. Les taux exacts 2025 seront confirmés par les organismes concernés.
Quelle est la différence entre tranche B et tranche 2 ?
La tranche B (URSSAF) couvre les revenus entre 1 et 4 PMSS, tandis que la tranche 2 (AGIRC-ARRCO) s’étend de 1 à 8 PMSS. Elles concernent des cotisations différentes, mais se chevauchent sur une partie de leur assiette.
Quelles sont les tranches de salaire pour l’impôt sur le revenu 2025 ?
Les tranches d’imposition 2025 n’ont pas encore été publiées. En 2024, elles allaient de 0 % (jusqu’à 10 777 €) à 45 % (au-delà de 168 994 €). Les seuils sont ajustés chaque année pour tenir compte de l’inflation.
Pourquoi la tranche B est-elle importante pour les cadres ?
La tranche B impacte directement les cadres, car elle s’applique aux salaires dépassant le PMSS. Elle entraîne des cotisations supplémentaires, mais permet aussi d’acquérir des droits sociaux accrus, notamment pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO.
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