Livret A, LEP, PEL : « Les Français vont encore être déçus » – voici combien vos livrets vont vraiment vous rapporter en 2026

17/01/2026

Au passage symbolique du 31 décembre 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, des millions d’épargnants français verront tomber sur leurs comptes la rémunération d’une année 2025 marquée par la baisse des taux. Ce rendez-vous, qui ressemble souvent à un « treizième mois », risque d’être moins généreux qu’en 2024. Voici, produit par produit, ce que l’on peut concrètement attendre, mais aussi la manière de tirer le meilleur parti de son épargne à l’aube de 2026.

La météo des taux en 2025 : une année de rafraîchissement

Lorsqu’on regarde dans le rétroviseur, 2025 restera comme l’année où les taux réglementés ont progressivement glissé :

  • Livret A et LDDS : de 3 % en janvier à 2,40 % puis 1,70 % depuis août.
  • LEP : de 4 % à 3,50 %, puis 2,70 % à la même date.
  • CEL : ajustement de 1,50 % à 1,25 %.

Derrière ces baisses : le repli de l’inflation et du taux interbancaire €STR. Pour les détenteurs de livrets, chaque dixième de point perdu se traduit par quelques euros en moins sur la ligne « intérêts » qui apparaîtra le 1ᵉʳ janvier 2026.

Livret A, LDDS, LEP : quel sera le « treizième mois » versé le 1ᵉʳ janvier 2026 ?

À capital identique, la différence de rendement entre livrets se ressent fortement. Prenons trois exemples concrets :

  • Livret A : avec un encours moyen de 7 500 €, le taux annuel moyen devrait se situer autour de 2,16 %. L’intérêt brut crédité oscillerait donc autour de 162 €.
  • Un Livret A plein, c’est-à-dire plafonné à 22 950 €, générerait environ 495 € d’intérêts sur l’année.
  • LEP : pour le même capital de 7 500 €, la moyenne annuelle proche de 3,21 % produirait environ 241 €, soit près de 80 € de plus que le Livret A.

Le LDDS, limité à 12 000 €, suit les mêmes taux que le Livret A ; son intérêt dépend donc simplement du montant placé.

Perspectives de taux pour 2026 : vers une nouvelle étape de la baisse ?

La formule de calcul indexée sur l’inflation hors tabac et l’€STR laisse entrevoir un nouveau coup de froid :

  • Si l’inflation moyenne du second semestre 2025 s’établit vers 1 % et l’€STR vers 1,8 %, le « taux technique » du Livret A ressortirait à 1,40 %.
  • Conséquence directe : un passage de 1,70 % à 1,40 % dès le 1ᵉʳ février 2026.
  • Pour le LEP, deux hypothèses : soit il conserve l’écart de +1 point (2,40 %), soit il tombe mécaniquement autour de 1,90 %.
  • Le Livret jeune s’alignerait logiquement sur 1,40 %.
  • Le CEL, déjà à 1,25 %, pourrait retomber sous 1 % si la tendance se confirme.

Autrement dit, la plupart des livrets défiscalisés passeront probablement sous la barre des 2 %, un rendement qui risque d’être inférieur même à une inflation modérée.

Focus sur le PEL et le CEL : un cas à part dans la galaxie des livrets

En 2025, le PEL ouvert depuis plus de 10 ans est passé sous la barre symbolique des 2 %. Pourtant, la nouvelle version du plan, disponible dès le 1ᵉʳ janvier 2026, promet un taux brut de 2 %. Quelques repères :

  • 2 % brut correspond à 1,4 % net après prélèvements sociaux et fiscaux (PFU de 30 %).
  • Le capital est bloqué au minimum quatre ans ; un retrait anticipé annule la prime d’État et réduit la rémunération.
  • Cependant, le PEL offre un droit à prêt à taux préférentiel, utile pour financer un achat immobilier futur.

Quant au CEL, son rendement moyen (intérêt + prime éventuelle) est devenu moins compétitif que celui d’un Livret A. Il reste néanmoins prisé pour financer des travaux grâce à son petit crédit associé.

La règle des quinzaines : mode d’emploi pour ne rien perdre

Le calcul des intérêts sur les livrets réglementés repose toujours sur la règle des quinzaines :

  1. Un versement effectué entre le 1ᵉʳ et le 15 du mois commence à produire des intérêts dès le 16.
  2. Un versement entre le 16 et la fin du mois ne rapporte qu’à partir du 1ᵉʳ jour du mois suivant.
  3. À l’inverse, un retrait avant le 15 ou le 30/31 du mois fait perdre la quinzaine en cours.

Concrètement, pour maximiser le gain 2025 :

  • Effectuez vos derniers versements avant le 15 décembre.
  • Reportez au 2 janvier vos éventuels retraits importants.

Un simple décalage de quelques jours peut ainsi sauver ou faire perdre une quinzaine, équivalant parfois à plusieurs dizaines d’euros sur des montants élevés.

Comment adapter sa stratégie d’épargne face aux rendements attendus ?

Avec des rendements en berne, plusieurs pistes peuvent être envisagées :

  • Conserver un matelas de précaution sur Livret A ou LDDS pour la liquidité, en limitant le solde à trois ou quatre mois de dépenses.
  • Pour les ménages éligibles, privilégier le LEP, toujours mieux rémunéré et totalement défiscalisé.
  • Envisager le nouveau PEL à 2 % si l’objectif inclut un projet immobilier à moyen terme et si l’on accepte la contrainte de blocage.
  • Diversifier : assurance-vie en fonds euros (rendement 2,5 % à 3,5 % brut selon les contrats), unités de compte, ou encore investissements responsables.
  • Comparer régulièrement les offres : certaines banques proposent des livrets promotionnels sur quelques mois, utiles pour placer une épargne de court terme.

Le mot-clé reste la flexibilité : en période de taux bas, alterner entre sécurité et placements à plus long terme peut protéger le pouvoir d’achat de votre épargne.

Ce qu’il faut retenir

  • Les intérêts versés au 1ᵉʳ janvier 2026 seront globalement en recul, en raison de la décrue des taux en 2025.
  • Un Livret A moyen de 7 500 € générera autour de 160 € d’intérêts ; un LEP de même montant, plus de 240 €.
  • Dès février 2026, les principaux livrets pourraient être rémunérés à environ 1,40 % (Livret A, LDDS, livret jeune) et 2,40 % au mieux pour le LEP.
  • Le nouveau PEL passerait à 2 % brut, faisant figure d’exception haussière, mais avec blocage et fiscalité.
  • Respecter la règle des quinzaines reste crucial pour optimiser le rendement réel.
  • Face à des taux faibles, diversifiez vos placements et ajustez la part de votre trésorerie entre sécurité immédiate et rendements de long terme.

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