Banques : dès 2026, ce placement à 2,5 % va être supprimé et va pénaliser 3 millions d’épargnants

18/01/2026

La nouvelle est tombée : dès 2026, près de trois millions de Plans Épargne Logement (PEL) ouverts après 2011 seront automatiquement clos par les banques. Les épargnants concernés verront leurs économies basculer vers d’autres supports, souvent moins rémunérateurs que le taux historique de 2,5 %. Pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel de comprendre les règles, d’anticiper les décisions des établissements financiers… et de préparer une stratégie de repli.

Pourquoi des millions de PEL arrivent à échéance ?

Le PEL, né en 1969, a longtemps été considéré comme un refuge pour préparer un achat immobilier tout en profitant d’un rendement garanti. Mais une réforme entrée en vigueur le 1er mars 2011 a limité sa durée de vie : au-delà de 15 ans, le plan est automatiquement clôturé ou transformé. Ainsi :

  • Un PEL ouvert le 15 mars 2011 se terminera le 15 mars 2026.
  • Un PEL ouvert début 2012 basculera en 2027.
  • Et ainsi de suite jusqu’aux plans ouverts fin 2015, voués à disparaître d’ici 2030.

La Banque de France estime qu’environ 36 % des PEL en circulation – soit près de 3 millions de contrats – sont concernés. À l’échelle nationale, on parle de plus de 120 milliards d’euros d’épargne qui devront trouver une nouvelle destination.

Êtes-vous visé par la clôture automatique ?

Pour savoir si votre PEL est dans le viseur :

  • Repérez la date d’ouverture sur votre relevé annuel ou votre espace en ligne.
  • Si cette date est postérieure au 1er mars 2011 et que 15 ans se seront écoulés en 2026 ou les années suivantes, votre plan sera fermé par la banque.
  • Les PEL ouverts avant cette date ne sont pas obligés de se clôturer ; en revanche, les versements sont gelés après 10 ans, ce qui limite leur intérêt à long terme.

Exemple : un PEL ouvert le 2 novembre 2013 bénéficie encore de son taux (souvent 2,5 %) jusqu’au 2 novembre 2028. Passée cette date, le contrat ne sera plus qu’un… souvenir.

Quel sera le sort de votre argent ?

Une fois le délai dépassé, chaque banque adopte son propre protocole :

  • Transformation en livret d’épargne « maison » : la rémunération peut chuter à 0,50 % ou 1 %, très loin des 2,5 % auxquels vous étiez habitué.
  • Versement sur le compte courant : pratique à première vue, mais votre capital cessera instantanément de produire des intérêts.
  • Transfert vers un livret réglementé (Livret A, LDDS, LEP) ou vers une assurance-vie, souvent sans votre accord explicite si vous n’avez pas répondu au courrier d’information.

À titre d’illustration, un PEL de 30 000 € rémunéré à 2,5 % génère environ 750 € d’intérêts annuels. Replacée sur un livret à 1 %, la même somme ne rapporterait plus que 300 € par an : une perte de 450 € chaque année.

Trois options pour ne pas subir la décision de la banque

  • Laisser faire et accepter le nouveau support : solution « zéro démarche », mais souvent la moins rentable. À envisager seulement si vous comptez consommer rapidement votre épargne.
  • Clôturer par anticipation : vous récupérez votre capital avant l’échéance et pouvez l’allouer vers une solution plus compétitive, par exemple une assurance-vie en fonds euro à 2,3 % ou un compte à terme à 3 % brut (taux indicatif).
  • Rouvrir un PEL nouvelle génération : depuis 2023, le taux oscille entre 2,25 % et 2,50 %. L’avantage ? Vous repartez pour une durée de 15 ans avec la possibilité d’obtenir un prêt immobilier à taux garanti. Le revers : les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (30 %) dès la première année.

Quels autres placements considérer ?

Le paysage de l’épargne a beaucoup évolué en quinze ans. Si votre objectif n’est plus uniquement immobilier, d’autres produits peuvent compléter ou remplacer le PEL :

  • Assurance-vie en fonds euros : rendement moyen autour de 2 % à 3 % en 2024, avec une fiscalité avantageuse après huit ans.
  • Plans d’épargne retraite (PER) : intéressants pour préparer la retraite, surtout si votre tranche marginale d’imposition dépasse 30 %.
  • Obligations d’État ou d’entreprise : le rebond des taux depuis 2022 redonne de l’attrait à ces supports, mais le capital n’est pas garanti comme sur un livret réglementé.
  • Comptes à terme : fixent un taux contractuel sur 1 à 5 ans, parfois supérieur à 3 %, moyennant une immobilisation des fonds.

Comparer les différentes options avant d’agir reste la meilleure défense contre l’érosion du pouvoir d’achat.

Calendrier et conseils pratiques

  • 12 à 18 mois avant l’échéance : identifiez la date exacte de clôture et évaluez vos besoins financiers à venir (projet immobilier, études des enfants, retraite).
  • 6 mois avant : prenez rendez-vous avec votre conseiller pour connaître les scénarios envisagés par la banque. N’hésitez pas à consulter la concurrence pour obtenir des offres de transfert ou d’ouverture.
  • 3 mois avant : comparez les taux des livrets réglementés, des assurances-vie et des comptes à terme. Simulez les gains potentiels sur 5 ans.
  • 1 mois avant : officialisez votre choix par écrit : demande de clôture, virement vers un nouveau support, ou confirmation de transformation.

Garder un œil sur votre PEL, c’est préserver un rendement historiquement attractif et éviter qu’il ne soit dilué dans un produit moins performant. En agissant à temps, vous sécurisez vos économies et continuez à les faire fructifier, même au-delà de 2026.

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