À compter de 2026, les exploitants agricoles non-salariés verront les règles de calcul de leur pension évoluer en profondeur. Cette modification attendue depuis longtemps vise à mieux reconnaître des parcours professionnels souvent irréguliers, rythmés par les aléas climatiques, économiques ou sanitaires. Tour d’horizon des changements à venir, de leurs conséquences concrètes et des bonnes pratiques pour les anticiper au mieux.
Une réforme centrée sur les 25 meilleures années
- Alignement sur le régime général : la MSA adopte enfin la règle des 25 meilleures années, déjà en vigueur pour les salariés du privé et une partie des indépendants.
- Simplification : seules les années les plus favorables entrent dans le calcul, contre l’ensemble de la carrière auparavant.
- Dichotomie temporelle :
- Avant le 1ᵉʳ janvier 2016 : on retient les meilleures années de points déjà acquis.
- Après cette date : on retient les années où le revenu professionnel a été le plus élevé.
Exemple concret : un exploitant céré alier ayant connu plusieurs mauvaises récoltes au début des années 2000 voyait ces années creuses plomber sa pension. Désormais, seules les 25 années les plus rémunératrices seront prises en compte, ce qui peut effacer dix ou quinze années faibles et revaloriser la pension de base de plusieurs dizaines d’euros par mois.
Avant / après : ce que change le nouveau calcul
- Ancien système : calcul sur la totalité de la carrière, soit parfois 40, 42 ou 43 années prises en compte. Les longues périodes de revenus bas ou nuls pouvaient tirer la moyenne vers le bas.
- Nouveau système : seules les 25 meilleures années comptent, ce qui gomme mécaniquement les plus mauvaises. Dans certains cas, cela revient à éliminer plus de 40 % de la carrière du calcul.
Pour une agricultrice maraîchère dont le revenu moyen était de 12 000 € annuels sur 42 ans, mais qui a réalisé 20 années à 18 000 € et 22 années à 7 000 €, la pension pouvait être calculée jusqu’ici sur une base proche de 10 000 €. Demain, sa moyenne glissera vers 18 000 €, soit un bond de plus de 70 % pour la partie « revenu de référence ».
Effets de calendrier : 2026, 2027 ou 2028 ?
Entre 2026 et 2027, la pension sera d’abord liquidée selon l’ancien mode de calcul, faute de rétroactivité immédiate. Mais un recalcul automatique interviendra en 2028 :
- Si la règle des 25 meilleures années s’avère plus avantageuse, la différence sera versée rétroactivement depuis la date de départ.
- En cas d’écart négatif (peu probable), aucun retrait ne sera opéré : votre pension restera inchangée.
Illustration : un éleveur partant en juillet 2026 avec une pension de base de 750 € pourrait voir ce montant grimper à 820 € après révision en 2028 et recevoir un rappel sur 18 mois, soit près de 1 260 € d’un coup.
Qui profitera le plus de la réforme ?
- Les exploitants ayant démarré leur activité au début des années 1980, période de revenus élevés, puis ayant subi une baisse lors des crises agricoles des années 1990.
- Les pluriactifs qui, en parallèle de leur exploitation, ont déclaré des revenus salariés ou d’artisanat : seules les années les plus rémunératrices seront retenues, quelle que soit l’origine du revenu.
- Les femmes d’exploitants, longtemps pénalisées par des revenus déclarés plus faibles ou des interruptions pour raisons familiales : ces années sortent désormais du périmètre si elles ne figurent pas dans le top 25.
Garanties et sécurités intégrées
- Aucune pension ne baissera : le principe de non-régression est inscrit dans le texte d’application.
- Paiement rétroactif : si le nouveau mode de calcul est plus favorable, la différence est versée d’un seul coup pour toutes les mensualités déjà perçues.
- Indexation habituelle : les pensions revalorisées continueront d’être indexées sur l’inflation comme les autres, dès l’année du recalcul.
Démarches pratiques : préparez-vous dès maintenant
- Vérifier son relevé de carrière : demandez un relevé actualisé à la MSA et pointez année par année, notamment vos revenus 2016-2023.
- Repérer ses 25 meilleures années : une simple feuille de calcul permet souvent de voir si les années les plus fortes sont bien présentes.
- Simuler plusieurs dates de départ : un départ fin 2025, début 2026 ou mi-2027 peut modifier la donne. Faites au moins deux simulations officielles.
- Anticiper sa trésorerie : en cas de revalorisation, le rappel ne tombera qu’en 2028 ; prévoyez un budget intermédiaire si vous comptez sur cette future hausse.
- Se faire accompagner : un expert-conseil retraite ou un conseiller MSA peut dénicher des cotisations oubliées ou des erreurs de transcription.
Ce qu’il faut retenir
- Dès 2026, la règle des 25 meilleures années s’appliquera aux agriculteurs non-salariés, rapprochant leurs droits de ceux des autres régimes.
- Le recalcul automatique prévu en 2028 évite tout risque de perte et peut apporter une hausse surprise.
- Anticiper sa date de départ, vérifier son relevé et simuler plusieurs scénarios restent les meilleures armes pour optimiser sa future pension.
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