Sous le feu des projecteurs depuis plusieurs mois, la nouvelle réforme des retraites prévoit d’assouplir, mais seulement pour un temps, les règles du départ anticipé en carrière longue. Si la mesure fait naître de grands espoirs chez ceux qui pensaient partir dès 60 ans, elle laisse aussi sur le bord de la route une partie des futurs retraités. Décryptage complet de ce calendrier qui, à compter de septembre 2026, redistribuera les cartes pour des milliers de Français.
Ce qui va vraiment changer en septembre 2026
- Réduction d’un trimestre de la durée de cotisation exigée pour certaines classes d’âge.
- Abaissement de l’âge minimum d’accès à la retraite anticipée, également d’un trimestre.
- Maintien temporaire du plafond de 170 trimestres cotisés jusqu’en janvier 2028.
Ces ajustements sont inscrits dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026, actuellement en discussion au Parlement. Le ministère du Travail estime qu’environ 120 000 personnes par an profiteront de ces nouvelles règles.
Les générations 1964-1968 : grandes gagnantes
Pour les salariés nés entre 1964 et 1968 ayant validé cinq trimestres avant la fin de l’année de leurs 20 ans, la donne change nettement :
- Génération 1964 : départ possible à 60 ans et 3 mois avec 170 trimestres (au lieu de 60 ans et 6 mois avec 171).
- Génération 1965 : même règle, sauf pour ceux nés de janvier à mars 1965 qui gagnent deux trimestres aussi bien sur l’âge que sur la durée cotisée.
- Générations 1966-1968 : adaptation identique, sous réserve de remplir les mêmes conditions de début de carrière.
Concrètement, un salarié né en juillet 1964, ayant commencé à travailler à 19 ans et accumulé 172 trimestres au 31 décembre 2025, pourra cesser son activité dès octobre 2024 s’il opte pour une retraite progressive, ou patienter jusqu’à 60 ans et 3 mois pour un départ définitif.
Des gains plus modestes selon le palier d’entrée
Tous les assurés en carrière longue ne verront pas leur horizon s’éclaircir avec la même intensité :
- Palier 16 ans : aucun changement d’âge, mais parfois un trimestre de cotisation en moins pour 1964 et 1965.
- Palier 18 ans : un trimestre retranché pour les générations 1964-1965 ; statu quo au-delà.
- Palier 21 ans : ajustement limité à un trimestre de durée cotisée pour 1964-1965.
Pour ces profils, le gain financier reste réel — jusqu’à 2 000 € de pension supplémentaire sur l’ensemble de la retraite pour un trimestre non effectué — mais il demande un calcul précis avant toute décision.
Les oubliés : générations 1969 et 1970
Alors que le gouvernement promet une pause du relèvement de l’âge légal jusqu’en 2028, les textes actuels fixent déjà un âge minimum pour les personnes nées après 1968. Sans révision des décrets de 2023, les générations 1969-1970 n’auront droit à aucun allègement. Résultat : un cadre né en février 1970, ayant commencé à 20 ans, devrait toujours attendre 60 ans et 9 mois et totaliser 172 trimestres pour prétendre au dispositif, à moins qu’une modification réglementaire n’intervienne d’ici là.
Une suspension partielle qui interroge
Le Premier ministre a confirmé une « pause » jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, promettant qu’« aucun relèvement de l’âge » ne surviendra d’ici janvier 2028 et que la durée d’assurance restera figée à 170 trimestres. Toutefois, cela ne signifie pas un retour en arrière complet. Pour beaucoup, le temps gagné n’est que provisoire ; tout nouveau gouvernement pourra réactiver la réforme ou exiger de nouveaux efforts dès 2028.
Points de vigilance avant de demander sa retraite
- Vérifier ses trimestres : un relevé de carrière incomplet peut retarder le départ ; faites rectifier tout oubli (stages, services civiques, périodes de chômage indemnisé).
- Comparer pension et salaire : un départ avancé réduit mécaniquement l’assiette de calcul de la pension. Simuler différents scénarios aide à éviter les mauvaises surprises.
- Anticiper la transition : retraite progressive, compte épargne-temps, temps partiel senior… plusieurs dispositifs permettent de lisser la baisse de revenus.
- Surveiller les évolutions législatives : les décrets d’application paraîtront courant 2025 ; un changement de majorité pourrait durcir ou assouplir les règles.
Pour les futurs retraités, l’année 2026 marquera donc une fenêtre d’opportunité à ne pas manquer. Mais, comme souvent avec la carrière longue, le diable se cache dans les dates et les trimestres : un simple trimestre manquant ou un décret remanié peut bouleverser tout un projet de vie.
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