Réforme des retraites suspendue : le nouveau calendrier qui fait gagner des mois précieux aux Français nés dans les années 1960 et 1970

24/12/2025

Un délai supplémentaire de plusieurs mois avant le relèvement de l’âge de départ : la suspension partielle de la réforme des retraites offre un véritable répit aux Français nés entre 1964 et 1968. Cette pause, entérinée dans le dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale, modifie les règles du jeu pour des millions d’assurés, notamment ceux disposant d’une carrière longue ou appartenant aux catégories actives de la fonction publique.

Un gel de la réforme jusqu’en 2028 : les grandes lignes

  • Âge légal maintenu à 62 ans et 9 mois jusqu’au 31 décembre 2027, alors qu’un passage progressif à 64 ans était initialement prévu.
  • Cinq générations concernées : 1964, 1965, 1966, 1967 et 1968, soit environ 3,5 millions de personnes.
  • Date charnière : 1ᵉʳ janvier 2028, à partir de laquelle le relèvement de l’âge légal redeviendrait possible si aucun autre texte ne vient prolonger la suspension.

Grâce à ce gel, un assuré né en février 1965 – qui devait initialement atteindre 63 ans et 3 mois pour partir – pourra toujours liquider sa pension à 62 ans et 9 mois, soit un gain de six mois.

Qui gagne combien ? Zoom sur les générations 1964-1968

  • Génération 1964 : aucun changement, mais la garantie de ne pas subir une hausse surprise de l’âge légal avant 2028.
  • Janvier-mars 1965 : départ possible à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres validés ; un trimestre de moins que prévu et six mois plus tôt que dans la réforme initiale.
  • Avril-décembre 1965 : départ à 63 ans avec 171 trimestres, au lieu de 63 ans et 3 mois et 172 trimestres. Gain : trois mois et un trimestre.
  • Génération 1966 : âge de départ fixé à 63 ans et 3 mois (au lieu de 63 ans et 9 mois), avec 172 trimestres.
  • Générations 1967 et 1968 : chacune gagne également un trimestre, avec des départs respectivement à 63 ans et 6 mois, puis 63 ans et 9 mois, toujours pour 172 trimestres.

En pratique, un Français né le 30 juin 1966 partira dès septembre 2029 au lieu de mars 2030, économisant ainsi six mois de cotisation.

Carrière longue : un calendrier assoupli

Le dispositif « carrière longue » s’adresse à ceux ayant travaillé tôt (4 ou 5 trimestres cotisés avant 20 ans). Le nouveau calendrier, applicable aux pensions prenant effet après le 1ᵉʳ septembre 2026, prévoit :

  • 1964 et janv-mars 1965 : 60 ans et 3 mois, 170 trimestres.
  • Avr-déc 1965 : 60 ans et 6 mois, 171 trimestres.
  • 1966 : 60 ans et 9 mois, 172 trimestres.
  • 1967 : 61 ans, 172 trimestres.
  • 1968 : 61 ans et 3 mois, 172 trimestres.

Les assurés ayant commencé avant 18 ans ou 16 ans conservent leurs bornes actuelles, soit 58 ans et 60 ans, sans décalage supplémentaire.

Exemple : deux collègues nés en 1965

Imaginons Sophie, née le 12 mars 1965, et Marc, né le 20 avril 1965. Tous deux ont validé 170 trimestres de cotisation :

  • Sophie peut liquider sa retraite le 12 décembre 2027, à 62 ans et 9 mois, tout en respectant le seuil de 170 trimestres.
  • Marc devra patienter jusqu’au 20 janvier 2029, car il n’atteindra l’âge de 63 ans et 3 mois qu’en 2028 ; il lui faudra aussi valider 171 trimestres.

En résumé, malgré une date d’anniversaire espacée de seulement cinq semaines, l’écart de départ entre les deux collègues frôle les 13 mois.

Fonction publique : un trimestre de gagné pour les catégories actives

Pompiers, policiers, surveillants pénitentiaires ou encore contrôleurs aériens bénéficient d’un départ anticipé du fait de la pénibilité de leurs missions. La suspension de la réforme leur fait gagner :

  • Un trimestre d’avance pour les départs après le 1ᵉʳ septembre 2026.
  • Une garantie qu’aucun nouveau recul d’âge ne s’appliquera avant 2028.

Par exemple, un agent de la police nationale né en 1966 et relevant d’un régime « actif » pourra partir à 59 ans et 6 mois au lieu de 59 ans et 9 mois.

Les prochaines étapes et points de vigilance

  • Parcours législatif : le texte doit encore franchir le Sénat, puis revenir éventuellement à l’Assemblée avant promulgation, mais l’accord politique trouvé le 9 décembre laisse peu de suspense.
  • Décrets d’application : indispensables pour détailler le calcul des trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité) et confirmer les dates exactes.
  • Anticiper sa fin de carrière : chaque assuré peut demander un relevé de situation individuelle pour vérifier le nombre de trimestres déjà validés.
  • Réforme après 2028 ? : la pause actuelle n’exclut pas d’éventuels ajustements futurs. Surveillez les prochains débats parlementaires dès 2027.

En attendant, les personnes nées dans les années 60 disposent d’un horizon plus clair pour préparer leur retraite, avec parfois jusqu’à six mois de travail épargnés. Un répit bienvenu pour anticiper sereinement la fin de carrière et adapter, si besoin, ses projets personnels ou professionnels.

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