À 95 ans, Jean découvre sa résidence secondaire squattée et se retrouve avec une facture d’eau hallucinante de 17 364 euros !

07/02/2026

Imaginez découvrir que votre résidence secondaire est occupée illégalement pendant plus d’un an et qu’à 95 ans, vous recevez en prime une facture d’eau de plus de 17 000 €. C’est la situation kafkaïenne vécue par un propriétaire de Poitiers, symbole des difficultés rencontrées par de nombreux Français face au phénomène grandissant du squat.

Un phénomène de squat en plein essor

En France, plusieurs milliers de logements sont squattés chaque année. Les estimations évoquent parfois jusqu’à 30 000 occupations illégales, un chiffre difficile à préciser tant les situations varient. Dans le cas présent :

  • La maison a été occupée d’octobre 2023 à février 2025, soit près de 17 mois d’occupation non désirée.
  • Le propriétaire, très âgé, n’a pu se rendre régulièrement sur place, laissant le champ libre aux squatteurs.

Ces chiffres montrent à quel point une résidence, même entretenue, peut devenir vulnérable dès qu’elle reste inoccupée quelques semaines.

Des démarches administratives complexes

Pour récupérer rapidement son bien, le nonagénaire a sollicité un huissier et saisi la préfecture. Problème : faute de preuve d’entrée par « manœuvres, menaces ou voies de fait », la préfecture a refusé l’expulsion en août 2024. Concrètement :

  • Le dossier a nécessité plusieurs passages d’huissier, chaque constat coûtant entre 150 € et 300 €.
  • Les délais de traitement se sont étalés sur près de 11 mois avant d’obtenir une réponse officielle.

Résultat : impossible de déloger les occupants sans décision judiciaire, rallongeant d’autant la souffrance financière et morale du propriétaire.

Une facture d’eau vertigineuse : 17 364 €

La loi interdit au propriétaire de couper l’eau et l’électricité, même en cas de squat. Conséquence directe : la consommation des occupants lui est intégralement facturée.

  • Septembre 2024 : la note atteignait déjà 13 000 €.
  • Février 2025 : le compteur affichait une consommation avoisinant les 3 500 m³, soit l’équivalent de plus de 20 ans de consommation pour un couple.
  • Montant final : 17 364 €.

Pour un retraité, cette somme représente souvent plusieurs années de pension, rendant la situation financièrement insoutenable.

Une maison profondément dégradée

Au-delà de la facture, l’état du logement s’est détérioré : murs fissurés, systèmes électriques bricolés, mobilier détérioré. Les experts chiffrent les réparations à environ 30 000 €. À 95 ans, le propriétaire doit maintenant :

  • Faire établir des devis et suivre les travaux, une charge lourde pour une personne de son âge.
  • Avancer les frais avant de pouvoir éventuellement se retourner contre les squatters ou la collectivité.

La position de la collectivité

Grand Poitiers rappelle avoir constaté l’occupation illégale dès septembre 2023 et envoyé un courrier d’information un mois plus tard. Selon elle, la prise en charge des dépenses n’est envisageable que si une procédure est introduite rapidement :

  • Une action judiciaire ou administrative doit être lancée dans les 48 heures qui suivent la découverte du squat pour prétendre à une expulsion accélérée.
  • Passé ce délai, la collectivité estime que la responsabilité incombe au propriétaire.

Ce différend illustre le manque de cohérence entre les textes et la réalité du terrain : un propriétaire âgé a rarement la réactivité nécessaire pour agir en moins de deux jours.

Un avocat qui crie à l’injustice

L’avocat du nonagénaire pointe de graves failles :

  • Double peine : occupation illégale et factures astronomiques.
  • Complexité des démarches pour obtenir une expulsion, même en présence d’un huissier.
  • Absence de soutien financier pour les charges imposées par des tiers occupant sans droit ni titre.

Il réclame que les collectivités ou l’État assument la facture d’eau et les dégâts matériels, soulignant que le propriétaire a tout mis en œuvre pour protéger son bien.

Un recours devant le tribunal civil

Face à l’impasse, le propriétaire a saisi le tribunal civil. Ses demandes :

  • Le remboursement intégral des 17 364 € de consommation d’eau.
  • L’indemnisation des dommages matériels, estimés à plus de 30 000 €.
  • Le remboursement des honoraires d’huissier et d’avocat, soit environ 6 000 € supplémentaires.

L’affaire pourrait faire jurisprudence. Si le tribunal reconnaît la responsabilité des pouvoirs publics, de nombreux propriétaires confrontés à des situations similaires pourraient s’appuyer sur cette décision pour réclamer réparation.

Quel avenir pour la protection des propriétaires ?

Ce drame soulève un débat crucial : comment protéger efficacement les biens immobiliers face au squat ?

  • Certains plaident pour un délai de 48 heures après signalement pour expulser les occupants illégaux, sans conditions supplémentaires.
  • D’autres réclament la mise en place d’un fonds d’indemnisation spécifique, financé par l’État et les collectivités, pour soutenir les propriétaires victimes.
  • Enfin, des voix proposent un renforcement des contrôles des compteurs d’eau et d’électricité dès qu’une occupation suspecte est signalée.

En attendant une éventuelle évolution législative, le nonagénaire de Poitiers doit patienter et espérer que la justice reconnaîtra la lourde injustice qu’il subit. Son combat devient celui de milliers de propriétaires qui, chaque année, découvrent que défendre son bien peut virer au cauchemar administratif et financier.

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