Budget de l’ESA 2019  : à quoi vont servir les 5,72 milliards d’euros ?

Budget de l’ESA 2019 : à quoi vont servir les 5,72 milliards d’euros ?

Publié le 27 octobre 2018 à 10h37

Malgré un budget bien en deçà de celui de la Nasa, l’Agence spatiale européenne débute l’année avec un programme chargé. Parmi les principaux événements attendus, figurent le deuxième vol de l’astronaute européen, Luca Parmitano, à bord de l’ISS, plusieurs lancements de satellites et le vol inaugural du nouveau lanceur Vega-C. La fin d’année sera aussi marquée par le Conseil ministériel de l’ESA qui décidera des futurs programmes de l’Agence.

À l’occasion de la traditionnelle conférence de presse de début d’année, Jan Woerner, directeur général de l’Agence spatiale européenne, a présenté les principaux événements de 2019. Et l’année laisse présager d’être riche.

À ne pas en douter, l’événement marquant de l’année sera le le deuxième séjour de Luca Parmitano à bord de la Station spatiale internationale, à l’occasion de la mission de longue durée Beyond (Expeditions 60/61), qui doit démarrer le 6 juillet. Lors de la seconde partie de son séjour orbital, l’astronaute européen, de nationalité italienne, deviendra le troisième astronaute ESA commandant de l’ISS, après le Belge Frank De Winne en 2009 (mission OasISS) et l’Allemand Alexander Gerst l’an dernier (mission Horizons).

En terme de lancement, l’année 2019 s’annonce chargée avec le lancement de cinq satellites et le vol inaugural du nouveau lanceur léger Vega C (dont le premier étage P120C sera commun avec les propulseurs d’appoint d’Ariane 6). Ce tir est prévu en octobre.

  • EDRS-C (juin-juillet) : avec ce satellite, l’ESA et Airbus poursuivront le déploiement du système européen de relais de données (EDRS) ou autoroute de l’information spatiale (SpaceDataHighway). Cette SpaceDataHighway est le premier système opérationnel de ce type qui fournit un service unique de transfert sécurisé de données en quasi-temps réel entre des satellites en basse et les utilisateurs au sol, avec un taux de transfert inédit de 1,8 Gigabit par seconde. Airbus, qui réalise les satellites, est aussi le propriétaire et opérateur du système. L’industriel prévoit d’étendre son autoroute spatiale de l’information avec un troisième nœud de communication, EDRS-D, positionné au-dessus de la région Asie-Pacifique.
  • SAT-AIS (juin-septembre) : ce petit satellite a pour mission d’améliorer l’identification et le suivi des navires maritimes à l’échelle de la Terre entière (Automatic Identification System – AIS). À l’origine, le système a été développé pour éviter les collisions en mer, mais il est maintenant également utilisé pour suivre les bateaux dans le cadre de la prévention de la pollution, l’aide à la circulation de matières dangereuses, et de la surveillance de routine. Mais, AIS, qui est un système terrestre basé sur des liaisons radio, a une limitation majeure puisque sa portée horizontale est limitée à environ 74 kilomètres des côtes à cause de la courbure terrestre. Avec ce satellite, la couverture sera mondiale.
  • Cheops (octobre-novembre) : ce satellite est un télescope dédié à l’observation et à l’étude des exoplanètes. Particularité : il observera seulement les étoiles les plus proches de la Terre autour desquelles des planètes ont été détectées. Il est conçu pour permettre de calculer précisément le rayon de plusieurs dizaines de ces exoplanètes connues en mesurant leur transit de façon à déterminer la structure interne et, partant de là, d’extrapoler d’autres informations. Cheops est construit par Airbus dans le cadre d’un projet suisse.
  • OPS-SAT (novembre) : il sera le tout premier nanosatellite à relever les mesures et à enregistrer les données sur la glace des pôles et des glaciers, ainsi que le mouvement des vagues sur les océans. Ce nanosatellite fait partie du programme d’observation en météorologie de l’ESA et est destiné à livrer de nouvelles données sur le changement climatique.
  • Quantum (fin d’année) : ce satellite de télécommunication est réalisé par Airbus Defence and Space pour le compte d’Eutelsat. Il s’agit d’un nouveau type de satellite, capable de desservir n’importe quelle région du globe et d’adapter sa mission aux besoins des clients. Une première dans l’industrie des satellites de télécommunications commerciaux. Entièrement reprogrammable par logiciel, il est conçu pour être flexible pendant toute sa durée de vie, en s’adaptant en permanence aux conditions du marché ou aux besoins des clients qu’ils servent.

Un budget en hausse mais bien inférieur à celui de la Nasa

La fin d’année sera aussi marquée par le Conseil de l’ESA au niveau ministériel, année au cours de laquelle les ministres, chargés de l’espace des États membres de l’ESA, décideront des futurs programmes de l’ESA pour ces prochaines années.

Sur le plan budgétaire, malgré une enveloppe passée de 5,60 milliards d’euros à 5,72 milliards d’euros, l’Agence spatiale européenne ne peut toujours pas faire jeu égal avec la Nasa et son budget approchant les 20 milliards de dollars ! À ce budget européen, qui représente seulement 10 euros par citoyen, il est utile de rappeler que la Commission européenne finance aussi des activités spatiales. Pour la période 2021-2027, elle prévoit de consacrer près de 16 milliards d’euros destinés à des programmes de souveraineté, comme Copernicus, Galileo, Egnos, et de surveillance de l’espace.

Concernant le budget de l’Agence spatiale européenne, la France, l’Allemagne et l’Italie sont les trois pays qui contribuent le plus au budget de l’ESA. À eux trois, ils fournissent plus de 60 % des ressources, soit plus de 2,5 milliards d’euros. Quant au Royaume-Uni, malgré sa sortie prochaine de l’Union européenne, il restera un état membre de l’Agence spatiale européenne. En 2019, il contribuera au budget de l’ESA à hauteur de 369,6 millions d’euros, soit 8,8 % du budget de l’ESA.

Les cinq principaux postes de dépense du budget de l’ESA sont :

  • L’observation de la Terre (24,3 %),
  • Le transport spatial et l’accès à l’espace (22,5 %),
  • La navigation et le positionnement par satellites (13,1 %),
  • Les vols habités et l’exploration (12 %),
  • Les programmes scientifiques (9,2 %).

Ce qu’il faut retenir

  • En 2019, l’ESA réalisera le premier vol du lanceur Vega-C.
  • Luca Parmitano réalisera son deuxième séjour à bord de la Station spatiale internationale.
  • Cinq lancements de satellites européens sont prévus en 2019.

Espace : le budget européen épargne le programme Copernicus

L’Europe spatiale peut avoir le sourire. Bien que la proposition de budget du Conseil européen pour la période 2014-2020 réduise le financement des programmes phares que sont Galileo et Copernicus, leur avenir est assuré. Le premier satellite Copernicus sera bien lancé à la fin de l’année.

L’incertitude sur le financement de Copernicus, le programme de surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité de l’Europe, a été levée après l’accord budgétaire de l’Union européenne pour la période 2014-2020. D’un montant total de 960 milliards d’euros, ce budget est toutefois en baisse de 35 milliards d’euros par rapport à la période précédente.

GMES, rebaptisé Copernicus depuis décembre 2012, obtient 3,78 milliards d’euros alors que les besoins ont été évalués à 5,8 milliards d’euros. Ce montant est néanmoins « suffisant pour faire quelque chose de correct », nous explique un proche du dossier qui s’attendait à une baisse de cet ordre de grandeur.

Optimiser le programme Copernicus pour le nouveau budget

Concrètement, des choix seront à faire et les dépenses seront étalées dans le temps pour faire le lien avec le prochain budget, après 2020. Autrement dit, il faudra trouver de bonnes solutions pour optimiser le programme avec le budget alloué. Cela dit, si des reports de lancement sont envisagés, aucun des satellites prévus ne sera abandonné.

Sur ces 3,78 milliards d’euros, 2,4 financeront la composante spatiale du programme qui comprend le développement des satellites des familles Sentinelle. Le reste financera notamment la composante in situ, un réseau de capteurs au sol, en mer et dans les airs.

Création de 83.000 emplois d’ici 2030

« Cette décision prise par les chefs d’État a été un grand soulagement pour nous », a déclaré Josef Aschbacher, le directeur du segment spatial de Copernicus à l’Agence spatiale européenne (Esa). Cet accord est une « étape importante pour Copernicus, mais son avenir n’est pas encore complètement assuré ». Ce budget doit en effet être approuvé par le Parlement européen avant de pouvoir entrer en vigueur.

Enfin, dans son communiqué de presse, l’Esa tient à souligner que cet investissement favorisera l’emploi et la croissance. En effet, une étude récente de la Commission européenne montre que Copernicus permettra de créer environ 83.000 emplois en Europe d’ici 2030. Cela confirme une autre étude selon laquelle chaque euro investi dans ce programme générera quatre euros en retour.

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