Lidl demande à ses clients de limiter l’achat de ce produit, les Français bondissent

Entre l’inflation, la pénurie et la grippe aviaire, le patron de Lidl s’est exprimé sur l’approvisionnement de certains produits de consommation.

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Michel Biero, le patron de Lidl France, a accordé une interview auprès de nos confrères du Parisien. Occasion pour ce dernier de s’exprimer sur l’approvisionnement et l’évolution des prix des produits à court et à moyen terme.

La raison de la pénurie d’huile selon le patron de Lidl

Lors de son entretien avec le Parisien, le patron France de l’enseigne discount a délivré un discours qui s’inscrit dans la même ligne que les propos de Michel Edouard Leclerc sur BFM. Michel Biero n’a pas manqué de réagir à la polémique sur le rationnement de l’huile de tournesol.

Même s’il a écarté tout risque de « manque », Michel Biero a bel et bien demandé aux personnels des magasins Lidl de mettre des affiches de recommandation à sa clientèle. Ainsi, les clients de l’enseigne sont invités à ne pas acheter un certain nombre de litres par personne. Quant à la rupture ponctuelle de stock dans les magasins, le patron de Lidl l’explique par le fait que certains consommateurs fassent « des stocks ».

Le constat de Michel Berio est sans appel. Le prix de l’huile va bel et bien subir une hausse des prix. Cette inflation a d’ailleurs déjà commencé, explique-t-il. En effet, ces trois derniers mois, le litre d’huile est passé de 1,79 € à 2,10 €.
Pas de canards à Noël ?

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La guerre en Ukraine et la grippe aviaire nuisent fortement à l’élevage de la volaille. D’une part, il s’avère que l’alimentation animale dépendait en majeure partie du pays actuellement envahi par l’armée russe. D’autre part, il y a une grippe aviaire qui « décime cinq à dix élevages par jour en France ».

Michel Berio reconnaît que « la situation est tendue ». Il ne cache d’ailleurs pas son inquiétude vis-à-vis de la disponibilité de certains produits comme le canard et les œufs. Il se pourrait même qu’il n’y ait pas assez de volailles, notamment de canards en magasin lors des fêtes de fin d’année 2022.

Au vu de la situation, les prix devraient inévitablement s’envoler. À partir de la semaine prochaine, il faudrait d’ailleurs s’attendre à ce que le prix du porc et du bœuf augmente. On parle d’une hausse d’environ 40 centimes par kilo.

Le stockage est-il une bonne ou une mauvaise idée ?

Force est de constater que les patrons des groupes de magasins spécialisés dans les produits de premiers prix ne parlent plus de « négociation » des prix ou même de « préserver le pouvoir d’achat des consommateurs ». Il s’agit des deux patrons les plus agressifs sur le positionnement tarifaire que sont Leclerc et Lidl.

Si ces deux personnalités n’affichent plus leur volonté de maîtriser le prix, c’est que cela ne va pas s’arranger de sitôt. Pire, il faut se préparer à une explosion des prix. Il est donc temps de ne pas écouter leurs conseils lorsqu’ils vous demandent de ne pas stocker certains produits.

En effet, le stockage reste actuellement le meilleur placement que vous puissiez faire lorsque votre budget est limité. Pourquoi ne pas acheter aujourd’hui ce que vous allez manger demain ? Vous vous rendrez très vite compte de la rentabilité de votre investissement puisque les prix vont très vite s’envoler. Toutefois, éviter d’en acheter trop, car vous risquez de devoir en jeter après.

Comme tout investissement, le stockage doit être fait avec un minimum de bon sens. Ne stockez pas plus que vous ne pourrez consommer !

4,8 % d’inflation, sur un an, selon l’Insee

Au mois d’avril 2022, les prix ont augmenté de 0,4 % alors qu’entre le mois de février et le mois de mars, ils ont augmenté de 1,4 %. L’inflation a bel et bien ralenti, mais elle est loin de s’arrêter. En un an, elle a atteint 4,8 %, selon l’Insee. Le mouvement est porté par le prix de l’énergie qui, à elle seule, a progressé de 26,6 %.

Du côté des produits alimentaires, des services et des produits manufacturés, les prix ont augmenté de 3,8 % depuis le mois d’avril 2021. Malgré le ralentissement du rythme de l’inflation, celle-ci atteint des niveaux historiquement élevés. En France, la dernière fois que le pays a subi une telle inflation, c’était dans les années 1980.